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La flore invasive

Flore invasive

La proliférations des plantes invasives est un des éléments qui contribue à la disparition de la biodiversité. La Renouée du Japon en est un bon exemple, elle couvre le sol, la faune et la flore disparait sous son couvert.

Robinier (Robinia pseudoacaci)

Le robinier faux-acacia est un des arbres que l'on peut voir le plus communément : dans les jardins, en ville, au bord des routes et des voies ferrées. Pourtant cette espèce n'est pas allochtone : originaire des Appalaches aux Etats-Unis, elle a été "implantée "par Jean robin, jardinier d'Henri IV au début du 17ème siècle.

L'arbre présente des caractéristiques qui éveillent bien des intérêts. Il pousse très rapidement : en début de croissance, son diamètre croît de plus d'un cm par an et sa taille de plus d'un mètre. Pour donner un ordre de grandeur, sa croissance est plus rapide que celle du chêne.

Son bois est d'excellent qualité technique. Il est quasiment imputrescible, ce qui autorise des utilisations extérieures en substitution de bois exotiques, sans traitement (on l'appelle le "teck blanc"). La longévité de son bois est également exceptionnelles : en extérieur, sans contact avec le sol, elle est de 60 à 80 ans ; immergé, elle dépasse 300 ans ; sous abri et en milieu sec, elle est de l'ordre du millier d'années (source Alterbois). Enfin, c'est un très bon bois de chauffage.

Son puissant système racinaire, qui peut dépasser 7 m de profondeur en sols meubles, en fait un excellent protecteur contre l'érosion. Son port élégant, sa magnifique floraison, son feuillage léger qui produit une ombre tamisée agréable, en font un arbre d'agrément apprécié. Enfin il a d'indéniables qualités mellifères.

Une espèce invasive ?

Le robinier est peu exigeant : il tolère à peu près tous les types d'humus, de sols, des pH très variables, des matériaux profonds ou superficiels : argiles, limons, sables, graviers...

Il fructifie jeune, vers 10 ans (le ch^ne à partir de 50 ou 60 ans). Les graines sont contenues dans des gousses qui restent attachées à l'arbre tout l'hiver. Elles ne se détachent qu'au printemps, voire même en été, lorsqu'elles sont sèches. Leur légèreté permet une dissémination naturelle plus facile, qui peut atteindre plusieurs centaines de mètres.

Arbre héliophile*, il redoute l'ombre. C'est presque son seul facteur limitant, avec l'altitude : le robinier ne peut se développer qu'en pleine lumière.

Ces caractéristiques en font une espèce pionnière et colonisatrice dès lors qu'elle trouve à satisfaire ses besoins de lumière. On ne le trouvera pas en forêt profonde, là où des chênes, hêtres ou d'autres espèces la priveront de lumière ; en revanche, elle s'installera en ville, en bord de route ou dans les déprises agricoles. elle s'implantera également dans les lisières forestières, où le couvert est insuffisant pour empêcher son développement. Il en ira de même pour les pelouses sèches, les friches, les vergers à l'abandon...

Sa présence n'est donc pas partout souhaitable, d'autant plus qu'elle entraîne plusieurs problèmes.

D'abord le robinier a une forte capacité à fixer l'azote de l'aire, ce qui peut être intéressant pour une utilisation en agro-sylviculture, mais en dehors de ce cas relativement rare, l'apport d'azote a un effet désastreux sur la plupart des espèces locales. Les seules espèces supportant cet apport d'azote sont les espèces nitrophiles : essentiellement l'ortie, le sureau noir, le gouet d'Italie, la chélidoine et le gaillet grateron. en fait, l'apparition du robinier entraîne la disparition du sous-étage, avec son cortège de conséquences, notamment sur l'avifaune, qui disparaît presque totalement des zones colonisées.

Ensuite, il drageonne et rejette fortement. L'implantation du robinier a pratiquement un caractère irréversible, sauf à se donner des moyens considérables pour l'éradiquer. Les témoignages de personnes ayant tenté la reconquête de parcelles occupées par le robinier est édifiant. Voici celui d'un chercheur de l'INRA qui a cherché à reconvertir une parcelle de robiniers pour y installer du chêne : "D'abord, il y a eu un passage de bull pour arracher toutes les souches, andrainage* et brûlage des souches, puis labour profond, un passage de chisel* pour faire remonter les racines, premier ramassage manuel des racines, repassage d'une herse lourde et second ramassage des racines et enfin deux passages de round-up à 12l/ha les deux années suivantes. Nous avions testé des approches plus douces qui ont été des échecs..."

On pourrait multiplier des exemples, ils sont tous du même ordre : l'installation du robinier est définitive.

Le robinier pose un autre problème : il est fragile, il se déracine et casse. La tempête de 1999 en a fait la preuve.

L'impacte est souvent important, puisque, par effet dominos, ce n'est souvent pas un arbre qui casse ou tombe, mais un groupe d'arbres. La conséquence est la création d'un amas de bois impénétrable, dont la disparition progressive va durer des décennies.

Dans le Val d'Oise

En Val d'Oise comme dans beaucoup d'endroits en France, le robinier est omniprésent en milieu urbain et le long des voies de communication, routières ou ferrées. En forêts domaniales, l'espèce est pratiquement totalement absente à l'exception toutefois des lisières des parcelles Nord-Ouest de la forêt de l'Isle-Adam.

On constate cependant l'installation progressive du robinier dans de nombreuses petites parcelles boisées laissée en "libre évolution". On appelle ainsi des bois qui ne font plus l'objet d'exploitation, ni de travaux d'entretien. Ces petits bois laissaient augurer l'installation progressive d'une nature retrouvée, avec son cortège d'arbres de tous âges et de toutes espèces. La réalité est souvent autre : on assiste à l'installation du robinier, par les lisières ou par des trouées, avec d'abord quelques spécimens, puis dans des secteurs importants. Il semble bien qu'ensuite le temps fasse son oeuvre en faveur du robinier.

Dans les bois situés sur les communes d'Ennery, Livilliers, Auvers-sur-Oise, Valmondois, Parmain et Nesles-la-Vallée, le taux de pénétration du robinier est parfois considérable, atteignant 80% dans certains petits bois.

Remarque

Le Conservatoire Botanique National Méditerranéen note : " Le Robinier faux-acacia est considéré comme envahissant dans la quasi-totalité de son aire de répartition. C'est un arbre agressif qui empêche la croissance des espèces natives. Dans les Cévennes, en bord de cours d'eau, ses peuplement denses privent le castor des plantes dont il s'alimente. Il modifie fortement les écosystèmes qu'il colonise. en Suisse et dans le nord de l'Italie, il s'est substitué à des forêts entières de châtaigniers. La litère qu'il produit est très riche en azote et favorise l'installation d'espèces nitrophiles."

Pascal Thoyer (2015)

 

Le séneçon du Cap

Le séneçon du Cap non seulement invasif mais toxique !

Les séneçons sont des plantes de la famille des astéracées (composées) couramment rencontrées en France. depuis plusieurs années deux espèces deviennent envahissantes et colonisent les prairies au détriment de la biodiversité. La première est une espèce locale indigène appelée Séneçon de Jacobée, la deuxième est originaire d'Afrique du Sud appelée Séneçon du Cap. Elles ne sont pas à confondre avec le Séneçon commun.

Les deux espèces sont toxiques car leurs fleurs, feuilles contiennent des alcaloïdes toxiques (pyrrolizidines). Les intoxications sont mortelles chez le cheval et le bovin par effet cumulatif. A titre d'exemple 300g/j pendant 50 jours peuvent tuer un cheval adulte par altération du foie.

Les séneçons sont principalement absorbés par les animaux quand les pâtures sont de qualité médiocre ou encore sous forme sèche dans le foin ; il n'est alors plus identifié comme tel.

Les séneçons très robustes, résistent au froid à la sécheresse et ont un fort pouvoir de dissémination grâce à leurs akènes* plumeux. Il n'y a pas de moyen efficace pour s'en débarrasser, sauf à procéder à un arrachage manuel avant la fin de la floraison, à entretenir les prairies par ensemencement de Ray Grass ou de trèfle blanc par exemple, à les éliminer lorsqu'ils poussent le long des voies de communication (routes, chemins de fer) et enfin à éviter le surpâturage.

Le Séneçon du Cap est arrivé en France dans les années 30 d'Afrique du Sud lors de l'importation de laine de mouton par les industries de Calais et de Mazamet. Il est resté tout d'abord cantonné à un territoire restreint dans le sud de la France, puis s'est largement développé ces dernières années suite au changement climatique pour être déclaré potentiellement invasif en Basse Normandie. On le retrouve aussi en Bourgogne et dans le bassin de la Loire.

Le Séneçon du Cap et le Séneçon de Jacobée présentent des inflorescences jaunes, leurs fruits sont des akènes plumeux. Le Séneçon du Cap présente une allure en boule, des feuilles étroites persistantes, lors que le Séneçon de Jacobée a une allure plus en éventail et des feuilles alternes découpées.

Ces plantes sont à signaler et à éradiquer dès que possible afin de limiter leur propagation au détriment de plantes locales, moins robustes.

Renouée du Japon (Fallopia japonica)

Qu'est-ce que la Renouée du Japon ?

Cette plante invasive, grande et vigoureuse, a une croissance très rapide de 1 à 8 cm par jour ! Elle peut atteindre sa hauteur maximale (3 à 4 m) en deux mois au printemps et forme des massifs denses et impénétrables, rendant difficile la concurrence des autres espèces. C'est une plante géophyte* à rhizome (racines) érigé, les tiges rougeâtres et creuses ressemblent aux cannes de bambou et meurent l'hiver, laissant juste les bourgeons souterrains et au ras du sol. Les feuilles sont alternes, de forme ovale-triangulaire et sont tronquées à la base. La période de floraison de la renouée est de fin juillet à septembre. Les petites fleurs blanches sont pollinisées par les insectes, car elles sont sources de nectar pendant une période où il se fait rare.

D'où vient-elle ?

Dans son habitat naturel (le Japon), la renouée colonise par exemple les pentes des volcans. en Europe, elle privilégie les berges, les cours d'eau, les lieux humides où la richesse nutritive du substrat optimise sa croissance, mais aussi le long des routes et des voies ferrées, ainsi que des milieux qui ont accueilli des activités humaines laissée à l'abandon. Elle a maintenant colonisé l'ensemble de la France car elle tolère pratiquement tous les sols.

Les conséquences de sa présence

D'un point de vue économique, les renouées peuvent fortement endommager les structures construites par l'homme car leur important système racinaire peut pousser à travers le goudron, les fondations des bâtiments et le béton. L'impact sur les cours d'eau est à la fois économique et écologique. Lorsque les tiges de renouées meurent, elles le font simultanément, déstabilisant les berges et augmentant le risque d'inondation.De plus, les tiges mortes emportées par le courant peuvent créer des blocages ou des embâcles et également bloquer l'accès aux berges. En termes de biodiversité, les renouées ont un impact négatif sur la végétation indigène, puisqu'elles sont très compétitives pour la lumière et qu'elles produisent des substances allélopathiques*. Il y a par conséquent une forte diminution du nombre d'invertébrés dans les milieux envahis par les renouées qui fournissent moins d'azote que les espèces indigènes. Les renouées ont donc un impact sur l'ensemble du réseau trophique, terrestre ou aquatique.

Caractéristiques

En Europe, fallopia japonica var. japonica est un seil clone femelle octoploïde qui se reproduit uniquement par croissance végétative ou hybridation avec d'autres fallopia. En revanche les renouées sakhaline et bohème peuvnet se reproduire de façon sexuée et asexuées. Mais le mécanisme de reproduction principal de la renouée du Japon est la multiplication végétative par les rhizomes et par bouturage des rhizomes et des tiges. Elle possède aussi des composés allélopatiques, ce qui la rend très difficile à concurrencer. D'où sa forte capacité à coloniser un milieu. Les rhizomes emmagasinent des nutriments, ce qui fait que les 2/3 de la biomasse de la plante sont souterrains et que le rhizome a une durée de vie de 10 ans. L'envahissement par la renouée du Japon et ses hybrides indique qu'une pollution des sols en métaux, surtout l'aluminium, a peut-être existé, commence ou se poursuit. Par conséquent la plante en elle-même est moins alarmante pour la pérennité des écosystèmes locaux que la pollution qu'elle indique, dans la mesure où il est question d'une dégradation possible des sols de façon réversible.

Dans les zones ainsi touchées, la renouée retrouve des conditions de pollution identiques à celle de son aire de répartition. Il en va de même pour ses sous-espèces et la renouée des îles Sakhaline. Jusqu'à l'ère industrielle, l'activité volcanique était la seul source massive de dépôts d'éléments-traces métalliques et d'éléments acidifiants. Ce sont des conditions pour lesquelles les renouées sont déjà fortement adaptées contrairement à la flore de nos régions. Dans leur nouvel habitat, toutes ces renouées colonisent couramment les accotements, les talus des autoroutes et des voies ferrées, les anciennes décharges, les rives des cours d'eau pollués en métaux. Les transports de terre, notamment le façonnage régulier et éventuellement mal conduit des berges et des cours d'eau, finissent par disperser sur tout le territoire les graines, les racines et les tiges à partir desquelles la renouée peut se régénérer et proliférer.

Le caractère de plus en plus invasif des renouées indique une pollution des sols en métaux de plus en plus forte et généralisée. autrement dit, la dégradation des biotopes favorise l'extension de la renouée.

Baptiste Duflot (2015)

Phytolaque ou raisin d'Amérique

Le Phytolaque, ou raisin d'Amérique, est apparu en forêt de Fontainebleau il y a une trentaine d'années : il affecte maintenant 170 parcelles soit 1/5ème de la forêt.

Une association a décidé de relever le défi de cette invasive : l'ASABEPI (Association des Arracheurs Bénévoles de Plantes Invasives).

La description qu'elle fait est la suivante : "Le Phytolaque ne tolère guère que les ronces, détruit la microfaune et la microflore du sol, et le sol est asphyxié. Il empêche la régénération naturelle de la forêt, réduit la biodiversité (adieu les champignons!) et prive d'herbages cerfs et chevreuils. Les vers de terre, acteurs majeurs de la fertilité des sols, disparaissent. Quasiment plus rien ne vit à son pied. Hormis quelques diptères (mouches), il n'y a pas d'insectes sur les fleurs".

Le travail réalisé par l'ASABEPI est considérable. En 2014, elle a réalisé 60 chantiers, mobilisant 648 personnes : ses adhérents, mais également d'autres sympathisants, recrutant même dans les écoles et les entreprises. elle bénéficie de soutiens scientifiques reconnus et de l'approbation de l'ONF.

Reste que la tâche est immense et le travail difficile. En voici la description sur le site internet de l'association : " Généralement, un seul coup de pioche, grâce à la largeur de la lame, suffit pour sectionner la racine pivot sous le collet. On laisse la racine en terre, où elle pourrira très vite. D'une main, on soulève le collet (racine pivot) pour extraire ou casser les éventuelles racines horizontales courant juste sous la surface du sol (qui apportent l'eau et les nutriments). Les plus longues atteignent 2 mètres ! On les sort en entier ou non, peu importe, les morceaux laissés en terre disparaîtront sans produire de rejets. Cette manoeuvre s'effectue en quelques secondes. L'essentiel est qu'aucune racine, aussi ténue soit-elle, n'alimente le collet."

En savoir plus : http://phytolaque.wifeo.com

Pascal Thoyer (2015)

2013

Plaquette des plantes invasives des milieux aquatiques et des zones humides du Nord Est de la France

2012

Novembre 2012, confirmation que les frênes de nos forêts françaises sont attaqués par un nouveau champignon "la chalarose".

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